Démographie & sexualité
« La Terre peut nourrir 30 milliards d’individus s’ils devaient vivre comme les habitants du Bangladesh, et seulement 700 millions s’ils devaient tous vivre . » (Le Quid 2001)
De quoi . Surtout ne pas l’ si nous ne voulons pas . Depuis les années 80, l’ de l’humanité dépasse de la biosphère. , avec tous les dangers que cela représente, il faut donc agir de toute urgence pour réduire autant que possible les dégradations infligées à l’environnement.
Seulement voilà, ce beau raisonnement néglige . Il est : il pour subvenir aux besoins de 7 milliards d’individus entièrement gagnés au progrès. Et même si c’était possible , les efforts fournis seraient vite rattrapés par .

La population mondiale, pendant longtemps, a . L’ remonte de visu au Moyen Âge, et prend un essor explosif en fin de millénaire. Depuis peu, l’accroissement semble plutôt linéaire. Nous étions trois milliards en 60, quatre milliards en 74, cinq milliards en 87, six milliards en 99, sept milliards en 2012… En même temps, la proportion d’individus à forte empreinte écologique croît à grande vitesse. Faudra-t-il attendre, pour mettre fin à cette double évolution létale, que la nous accule à ? Toutes les mesures que l’on prendra en matière d’, de , de , de , d’, si tant est , risquent même d’encourager la procréation et de !
À moins que l’on dépasse rapidement , la planète sera bientôt invivable QUOI QU’ON FASSE. Tous les efforts entrepris pour préserver l’environnement n’auront pour effet que de retarder l’échéance fatidique et, paradoxalement, de …
Si l’on en croit les démographes, l’explosion démographique est la . , la diminution de la mortalité infantile, et, différence capitale avec le monde animal : . L’homme serait-il condamné à …

Là encore, les explications conventionnelles ne sont pas forcément les bonnes. La courbe de présente un étonnant point d’inflexion tout à la fin du XVIIe siècle (l’intersection des deux segments de droite).
Or, la médecine n’a pas fait de progrès particulier dans cette période. Les vaccins ne commencent à se répandre qu’au cours du XIXe. Le brusque changement visible dès 1700 ne s’explique ni par une diminution de la mortalité infantile (au contraire augmentée par ). Il ne s’explique pas non plus par le progrès industriel, dont les effets sur la population sont bien plus tardifs. , aucun train ne circulait sur les rails, aucune automobile sur les chemins, l’abondance alimentaire n’était pas au rendez-vous, les fastes de la cour n’étaient pas pour le peuple.
Seule explication convaincante : les Français se seraient soudain mis à procréer davantage au début du siècle des Lumières, cela pour des raisons obscures. Il reste donc là un mystère à expliquer, . S’agit-il d’un changement de morale induit par les philosophies naturalistes, d’une cause physiologique influençant le taux de fécondité, d’un facteur psychologique lié à la genèse de la Révolution…
À l’heure qu’il est, . Chaque année, la planète s’alourdit d’une fois la population de la France. Comment ralentir concrètement la descente aux enfers ? Les démographes misent sur une présumée « ». Il suffirait que les pays pauvres atteignent un niveau de vie égal au nôtre pour voir leur taux de natalité baisser comme dans la plupart des pays riches. Or, ! Car la planète serait COMPLÈTEMENT SACCAGÉE bien avant que notre niveau de vie ne se soit répandu partout, même sous l’égide de gigantesques efforts écologiques et technologiques. Face au danger, sous l’effet du stress, par besoin de se rassurer, et sombrent soit dans le catastrophisme, soit dans un optimisme irresponsable.
La plus élémentaire arithmétique nous laisse entrevoir une catastrophe planétaire générale. Il suffit de faire parler les chiffres : une planète pour 700 millions d’individus au standing européen, dix planètes pour 7 milliards, 13 pour 9 milliards dans 25 ans, 20 pour 14 milliards que nous serions en fin de siècle. Il est bien clair que jamais l’hypothétique réduction d’empreinte écologique possible grâce aux nouvelles technologies ne compensera sérieusement pareille explosion.
Il n’y aura de place que pour une fraction de nantis, tous les autres ayant fini dans la dénutrition, le manque d’eau douce, le dénuement, les épidémies et les inévitables conflits que déclenche une menace de mort. Le dilemme est incontournable : ou bien le grand coup de frein à la prolifération de l’espèce la plus prédatrice de tous les temps ; ou bien le suicide collectif…

Nous en sommes là. est emporté par les courants, l’échéance fatale s’approche à grande vitesse. Mais les occupants, pour l’immense majorité, préfèrent conserver leurs habitudes, croire dans le progrès, accroître leur standing, fermer les yeux et se reproduire en paix. Ouvrons un peu les nôtres !
« Essayez de persuader les gens de s’abstenir de procréer au nom de la moralité – grands dieux ! Quel tollé ! » (Léon Tolstoï)
Le malthusianisme, parti d’une utopique réduction volontaire des conceptions, a vite été donné pour une sinistre doctrine anti-croissance, donc anti-bonheur. C’est là que les meilleures volontés achoppent : impossible d’obtenir de l’ensemble des nations . Impossible pour les gouvernements non totalitaires d’. Le problème reste sans solution, quels qu’aient été les avertissements lancés par des sommités comme , et bien d’autres.
L’hypercroissance démographique ne se maîtrisera que lorsqu’on en comprendra tous les mécanismes.
On peut d’abord s’étonner que le taux de fécondité moyen soit à peine supérieur à ce que nécessite le renouvellement des générations. La moyenne mondiale était de 2,47 enfants par femme en 2012. Il reste inférieur à 2,7 dans deux pays sur trois. Il se stabilise en France autour de 2,01. La . . Invoquer une volonté délibérée des individus est utopique : rares sont les esprits assez épris d’écologie pour limiter leur descendance au nom des générations futures… Il existe là manifestement .
Toute une série de facteurs psychologiques peuvent intervenir. Négativement : la peur de la grossesse, de l’accouchement, des fins de mois, du travail, des soins, de la responsabilité que représente l’éducation d’un enfant. Positivement : l’image de la virilité et de sa puissance procréatrice, de la féminité et de la mère féconde, de la famille havre de bonheur, le besoin de combler un certain vide existentiel en se retrouvant dans ses enfants, l’influence encore sous-jacente du biblique « croissez et multipliez », la perception d’une progéniture nombreuse comme signe de richesse ou de pouvoir, la peur de la montée en puissance des autres nations ou religions, ou tout bêtement les allocations familiales.
Toutes ces contingences socioculturelles doivent être passées au crible quant à leur incidence sur les taux de naissance et, objectif numéro un de l’écogénétique humaine : quant à leur origine et leur raison d’être.
Mais il ne faut pas oublier un facteur primordial, jusqu’ici négligé par les démographes : la façon de vivre la sexualité. C’est pourtant l’élément clé par excellence de la fécondité !
Les font partie intégrante de la nature humaine. Elles sont parmi les plus profondément enracinées, car en rapport direct avec l’instinct de reproduction, instinct primordial dont dépend la survie de l’espèce. Bien qu’innées, elles sont conditionnées par la culture, la morale, les schémas de comportement, le stress et autres facteurs encore obscurs. Leurs voies d’expression ont des conséquences immédiates sur la probabilité de fécondation. L’image de la sexualité que véhicule la culture influence les types de rapports.
Même si les couples tentent de limiter leur descendance, . Le taux des fécondations involontaires dépend directement des types de relations et de la prégnance des pulsions sexuelles. Il suffit d’un enfant non désiré sur cinq ou dix familles pour faire passer de la stabilité démographique à une croissance exponentielle.
Quoi qu’il en soit, rien ne permet d’exclure a priori des liens inconnus entre les mœurs sexuelles et le taux de naissances. Les mystères de l’Eros sont loin d’être éclaircis. De nombreux mythes, les cultes orphiques, le tantrisme, le Jardin des Délices de Jérôme Bosch sont là pour nous le rappeler. Notre manière de vivre l’amour et le sexe pourrait être sujette, sans que nous le sachions, à susceptibles de multiplier excessivement le nombre de rapports féconds.
Encore bien des questions complexes et lourdes de conséquences à inscrire au programme de l’écogénétique humaine…
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